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Écrire un arbre de décision

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Vous savez lire un arbre de décision, il est temps d’en écrire un. Cela demande de respecter un formalisme précis, de prendre quelques habitudes, et surtout d’accepter que le plus dur n’est pas de dessiner : c’est de penser à tous les cas.

1. Les règles à respecter

  • Une question principale en haut de votre feuille. Elle ne doit avoir ni cadre ni flèches.
  • Les conditions doivent être des questions. C’est à dire qu’elles doivent toutes se terminer par un « ? »
  • Les conditions doivent être des questions fermées. On y répond par oui ou par non. Elles doivent donc avoir deux flèches sortantes, ni plus ni moins.
  • Toutes les feuilles de votre arbre, c’est à dire les fins des chemins, doivent être des actions.
  • Les chemins doivent avoir une flèche pour expliciter le sens de lecture

Une condition n’a que deux sorties. Quand un choix en compte trois, on l’écrit avec deux conditions enchaînées : N réponses possibles demandent N−1 losanges.

Deux versions du même arbre côte à côte. À gauche, à ne pas faire : une condition « Quel est le feu ? » avec trois flèches sortantes vers S’arrêter, Ralentir et Passer. À droite, à faire : « Le feu est-il vert ? » puis « Le feu est-il orange ? », deux questions fermées à deux flèches chacune, qui mènent aux mêmes trois actions.
Pour les élèves

Chacun de ces quatre arbres enfreint une règle, et une seule. Laquelle ?

Quatre petits arbres de décision numérotés A à D, contenant chacun une erreur de formalisme. A porte la condition « Âge de la personne ». B pose « Quel est le moyen de paiement ? » avec trois flèches sortantes. C laisse un chemin se terminer sur la condition « Le client a-t-il un avoir ? ». D encadre sa question principale « Faut-il livrer aujourd’hui ? » et la relie par une flèche.
  • A : « Âge de la personne » n’est pas une question. Une condition se termine par un « ? ».
  • B : la question est ouverte et sort par trois flèches. Il en faut deux, ni plus ni moins.
  • C : le chemin « non » se termine sur une condition. Toutes les feuilles sont des actions.
  • D : la question principale est encadrée et fléchée. Elle n’a ni cadre ni flèche.

2. Mes conseils

Pour améliorer la lecture et limiter les erreurs, voici mes conseils :

  • La première condition, appelée le point d’entrée de l’arbre, doit être identifiable. Elle est souvent placée tout en haut. Vous pouvez aussi l’entourer d’une double bordure ou lui choisir un fond de couleur.
  • Vous ferez moins d’erreurs si vous vous forcez à commencer vos actions par un verbe à l’infinitif.
  • Vous ferez moins d’erreurs si vous prenez l’habitude de toujours placer les réponses « oui » et « non » dans le même sens.

3. Pas si simple

Réussir un arbre de décision, c’est souvent bien plus compliqué que ce qu’on imagine. Il faut réussir à prévoir par avance, tous les cas particuliers qui peuvent se produire.

Reprenons l’exemple du parapluie, il y a de nombreux cas où l’on prend un parapluie alors qu’il ne pleut pas.

Pour l’enseignant·e

Vous pouvez faire chercher des idées collectivement à ce moment-là. Cela préparera les élèves à l’exercice suivant.

Une idée évidente :

  • Peut-être qu’il est prévu de la pluie pour plus tard dans la journée ?

Une idée plus avancée :

  • Peut-être que vous devez le rendre à un ami qui l’a oublié chez vous ?
  • Si c’est le cas, n’oubliez pas de vérifier que vous allez voir cet ami aujourd’hui
  • Si c’est le cas, demandez-vous aussi comment se déplace votre ami. S’il est à vélo il ne pourra peut-être pas le reprendre avec lui
  • etc.

4. Prise en main

Le journal LA Times a créé un arbre de décision pour représenter comment les français choisissent d’utiliser le tutoiement ou le vouvoiement. Il est très intéressant car ils ont pensé à de nombreux cas particuliers qui ne nous viennent pas à l’esprit directement.

Pour les élèves

Analysez comment une personne choisit de tutoyer ou vouvoyer quelqu’un. À combien de règles pensez-vous ?

Sans réaliser l’arbre de décision, essayez de noter sous forme de liste les cas particuliers auxquels vous pensez.

Version des élèves 2024 :

Arbre de décision réalisé par les élèves pour « Dois-je tutoyer ? », avec des conditions sur la personne connue, les beaux-parents, un supérieur hiérarchique, une personne plus âgée et l’autorisation de tutoyer.

Version du LA Times :

Arbre de décision du LA Times sur le tutoiement en français, rédigé en anglais. Il part de « Are you an adult? » puis détaille de nombreux interlocuteurs, ami, conjoint, beau-père, patron ou professeur, pour conclure par « Tu » ou « Vous ». Source LA Times